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Vidéo en Poche

Vidéo en Poche est une initiative portée par les Cinémas Utopia qui proposait l’achat de films sous forme de copie numérique réalisée en caisse, sur un support amovible apporté par le public (clé USB ou carte mémoire). Le dispositif s’appuyait sur un format ouvert (Matroska / .mkv) et sur l’absence de DRM, avec un prix unitaire annoncé à 5 €.

Vidéo en Poche annonce la fin du dispositif au 30 novembre (à minuit) et indique un compteur final arrêté à 30 237 copies vendues « sans DRM sur clés USB », avec une dernière mise à jour datée du vendredi 2 décembre 2022.

par Mia Laporte

Sommaire

Informations clés

Nom

Vidéo en Poche

Porteur / initiateur

Cinémas Utopia

Principe

Copie du film choisi sur un support amovible apporté par le client, à la caisse d’une salle membre

Supports mentionnés

Clé USB ou carte mémoire

Format de fichier

Matroska (.mkv)

DRM

Aucun (« sans DRM »)

Prix public annoncé

5 €

Ventilation du prix (détail fourni)

3 € pour l’ayant droit ; 0,82 € de TVA ; 1,18 € pour la salle

Qualité vidéo (indications)

Résolution minimale : DVD ; si possible : HD 720p

Fin du dispositif (annonce sur le site)

Arrêt au 30 novembre (à minuit) ; compteur final : 30 237 copies vendues ; dernière mise à jour : 2 décembre 2022

Taille du catalogue

125 films

Faits complémentaires :

  • Le texte Elemac présente Vidéo en Poche comme une réponse « pratique » de salles indépendantes à des questions de rémunération et d’échanges culturels, dans un contexte présenté comme une « guerre du copyright ».
  • Le dispositif est associé au développement d’un logiciel libre (Objectif Libre), et à un objectif affiché d’extension d’un réseau de diffusion alternatif.
  • Le texte de clôture du site évoque une « promesse originelle » formulée contre une logique répressive associée à la loi Hadopi.

Qu'est-ce que Vidéo en Poche ?

C’est une initiative des Cinémas Utopia cherchant à apporter une réponse aux questions posées par notre époque sur les échanges culturels et la rémunération de la création, dans un contexte de ce que l’industrie culturelle a appelé la « guerre du copyright », de crispation autour du droit d’auteur qui tend à opposer les créateurs et leur public par la création de lois liberticides et inefficaces. Vidéo en Poche est la modeste contribution de salles indépendantes.

Le principe est simple : vous venez à la caisse d’une des salles membres du réseau Vidéo en Poche, avec votre support amovible type clé USB ou carte mémoire, et on vous copie dessus le film de votre choix au format ouvert Matroska (.mkv), sans DRM, contre la modique somme de 5€ (les 5€ comprennent 3€ pour l’ayant droit, 0,82€ de TVA et 1,18€ pour la salle). La résolution minimale de la vidéo est celle d’un DVD, et quand la source le permet la vidéo sera à une résolution HD (720p).

Vidéo en Poche, c’est aussi le développement d’un logiciel libre par la société Objectif Libre, financé par les salles Utopia (voir la page Launchpad pour plus de détails sur le logiciel). L’objectif est de mettre en place un vrai réseau de diffusion alternatif de films. Pour l’instant, seules les salles Utopia en font partie, mais déjà les autre salles indépendantes de l’association ISF devraient bientôt le rejoindre. Pour permettre d’agrandir ce réseau, il était nécessaire d’avoir un outil informatique à même de faciliter la gestion des ventes et de remonter de manière fiable les données de ces ventes sur une partie serveur à destination des ayants droit. Le développement libre permettra que personne, pas même nous, ne puisse s’accaparer cet outil, et donnera la liberté à d’autres de pouvoir l’adapter à d’autres langues voire à d’autres usages.

Le prix du film correspond au prix moyen d’un ticket de cinéma, et le format ouvert sans DRM permet toute liberté dans la pratique culturelle (dans le cadre d’un usage strictement privé bien sûr), tout en étant un format pérenne pour l’archivage personnel d’œuvres culturelles. Le format Matroska s’imposait car il répond à ces exigences, qu’il permet plusieurs sous-titres et pistes son et un chapitrage, qu’il est déjà largement utilisé et qu’il existe de plus en plus d’appareils de salon capables de lire ce format (voir la page d’aide Conseils pour la lecture des films pour plus de précisions).

Non au Mac Drive, réalisé par Frédéric Chignac, fut le premier film à être proposé en copie sur support amovible à Utopia Bordeaux lors d’une projection en présence du réalisateur le 24 septembre 2009. C’est grâce à lui et à l’enthousiasme des spectateurs ce soir-là, que nous avons décidé de faire de cette expérience une vraie solution alternative. Pour cela, son film est, et restera proposé dans le réseau Vidéo en Poche tant qu’il le souhaitera. Non au Mac Drive est mis à disposition sous un contrat Creative Commons , les autres films proposés étant soumis aux droits d’auteurs habituels qui permettent de copier l’œuvre uniquement pour un usage privé (le format ouvert sans DRM rend tout simplement possible l’exercice de ce droit). Les licences CC permettent d’encadrer légalement des pratiques liées à l’environnement numérique, tout en protégeant certains droits des auteurs (pour mieux comprendre l’objet de ces licences, le mieux est de regarder cette conférence de Lawrence Lessig).
Un grand merci également à l’ABUL et à Toulibre, associations d’utilisateurs de logiciels libres, pour leur soutien et l’aide qu’ils nous ont apporté pour mettre en place cette expérience lors des projections de Non au Mac Drive à Bordeaux puis à Tournefeuille.

Les Films du Paradoxe sont le premier éditeur vidéo à vouloir tenter avec nous ce nouveau mode de diffusion avec les films : Les brebis font de la résistance, Ma mondialisation, Paul dans sa vie, et Les LIP, l’imagination au pouvoir. Nous saluons ces défricheurs de talents pour leur esprit d’aventure, et les remercions pour la confiance qu’ils nous accordent.

Le lancement de Vidéo en Poche s’est fait à Utopia Bordeaux durant les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre du 6 au 11 juillet, puis dans toutes les salles Utopia à partir de mi-septembre 2010.

Si le principe vous plait, et si vous souhaitez que la salle de cinéma près de chez vous participe à cette initiative, n’hésitez pas à leur en parler ! Plus il y aura de salles, plus le réseau sera attractif pour les ayants droit.
Si vous connaissez un éditeur vidéo où un cinéaste dont vous aimeriez voir les films diffusés de cette manière, n’hésitez pas à leur en parler ! Plus il y aura de titres disponibles, plus ce mode de diffusion sera intéressant.

Les membres du réseau Vidéo en Poche

Le dispositif a été proposé dans plusieurs salles indépendantes :

Nom du cinéma

Ville

Cinéma Alhambra

Calais

Le Cinéma des Cinéastes

Paris

Cinéma Les Carmes

Orléans

Cinéma Le Dietrich

Poitiers

Cinéma Le Méliès

Saint-Étienne

Cinéma Le Rio

Clermont-Ferrand

Cinéma Ciné LUX

Cadillac

Cinéma Studio

Tours

Cinémas Utopia

Avignon

Cinémas Utopia

Bordeaux

Cinémas Utopia

Montpellier

Cinémas Utopia

Saint-Ouen l’Aumône

Cinémas Utopia

Toulouse / Tournefeuille

Éditeurs et distributeurs partenaires

Parmi les partenaires figurent notamment :

AD Vitam, ASC Distribution, Capricci Films, Distrib Films, ED Distribution, Epicentre Films, Héliotrope, Les Films du Losange, Les Films du Paradoxe, Les Films du Whippet, Iberi Films, Jour2Fête, Memento Films, Pyramide, Rezo Films, Shellac, UFO Distribution, Urban Distribution.

Les Films

Le catalogue comprenait des œuvres de fiction et de nombreux documentaires engagés. Voici une synthèse des films présentés dans la catégorie.

Sous l’aile des anges (The Better Angels)

Film écrit et réalisé par A. J. Edwards, produit par Terrence Malick, avec notamment Diane Kruger et Jason Clarke. Le texte le présente comme un film de 2014 autour d’un jeune garçon observant son père construire une cabane qui devient une maison.

Ham on Rye

Film réalisé par Tyler Taormina (scénario avec Erick Berger) sur des adolescents qui se préparent au « jour le plus important de leur vie ». Le récit suit un trajet quasi rituel vers un fast-food local (Monty) où se déroule une cérémonie surréaliste mêlant nourriture, danse et angoisse romantique.

À la vie

Documentaire d’Aude Pépin sur le « temps d’après la naissance » et ce que vivent les femmes devenues mères. Le texte insiste sur l’isolement possible après la grossesse et cite la sage-femme Chantal Birman.

Qui a tué Lady Winsley ?

Film d’Hiner Saleem qui s’amuse avec le polar « façon Agatha Christie », en gardant humour et dérision. Le texte souligne aussi un regard critique sur la société turque (question kurde, place des femmes) et rappelle My Sweet Pepper Land.

Un pays qui se tient sage

Documentaire de David Dufresne sur les rapports entre le peuple et la force publique, présentés comme anciens et tendus. Le texte ancre le sujet via références littéraires et historiques (argot « cogne », Déclaration de 1789, Victor Hugo).

DSK, Hollande, etc.

Documentaire de Pierre Carles, Julien Brygo et Aurore Van Opstal sur les rapports médias/politique avant la présidentielle de 2012. Le texte décrit une presse qui « présélectionne » des candidats compatibles avec des intérêts économiques, en évoquant DSK puis Hollande.

Fin de concession

Documentaire de Pierre Carles qui interroge la privatisation et le renouvellement de la concession de la première chaîne publique à Bouygues. Le texte annonce une enquête critique sur les médias et cite de nombreux intervenants (Pujadas, PPDA, Tapie, Lucet, Montebourg, etc.).

Enfin pris ?

Documentaire de Pierre Carles présenté comme « l’histoire d’un retournement » par le système médiatique. Le texte le décrit comme une comédie de mœurs journalistique, plus mordante que Pas vu, pas pris, avec des figures comme Daniel Schneidermann et Pierre Bourdieu citées.

Opération Correa 2 : on revient de loin

Documentaire de Pierre Carles et Nina Faure sur l’Équateur en 2007, marqué par un défaut de paiement et le refus de payer une dette jugée écrasante. Le texte raconte l’élection de Rafael Correa et son choix de rompre avec les injonctions du FMI.

Opération Correa 1 : les ânes ont soif

Documentaire de Pierre Carles (avec collaboration de Nina Faure et Aurore Van Opstal) qui part de la question : pourquoi la presse française a peu couvert la venue de Rafael Correa à Paris. Le texte mentionne sa conférence à la Sorbonne (6 novembre 2013) et la participation d’intervenants médiatiques cités.

Au bout du conte

Film d’Agnès Jaoui, écrit avec Jean-Pierre Bacri, présenté comme une comédie qui revisite et détourne les contes (« melting-conte »). Le texte insiste sur un ton subtil, lucide et non « gnan-gnan », avec des contes capables d’être cruels.

Une intime conviction

Film d’Antoine Raimbault inspiré d’une affaire réelle suivie par le réalisateur, construit comme un thriller judiciaire. Le texte évoque la disparition de Suzanne Viguier (27 février 2000) et l’idée qu’un procès laisse plus de questions que de réponses.

Tharlo, le berger tibétain

Film écrit et réalisé par Pema Tseden : portrait d’un berger tibétain surnommé « Petite natte », doté d’une mémoire exceptionnelle. Le texte met en avant une scène où il récite le discours de Mao « Servir le peuple » et sa vie simple de berger.

Volem rien foutre al païs

Documentaire de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe qui attaque le discours dominant sur le travail et la compétitivité. Le texte le présente comme un film qui « dégage le terrain » pour poser des questions essentielles et insuffler une agitation utopique.

Attention Danger Travail

Documentaire de Pierre Carles, Christophe Coello et Stéphane Goxe qui s’attaque frontalement à la valeur sociale du « Travail ». Le texte le décrit comme un brûlot suscitant des réactions, dans la continuité d’un journalisme d’investigation sans concession.

La sociologie est un sport de combat

Documentaire de Pierre Carles : portrait long et approfondi de Pierre Bourdieu, présenté comme vivant et stimulant plutôt que rébarbatif. Le texte insiste sur la « pensée en mouvement » d’un chercheur rigoureux et pédagogue.

Pas vu, pas pris

Documentaire de Pierre Carles qui démarre avec une conversation filmée entre François Léotard et Étienne Mougeotte (TF1), jugée compromettante sur les liens médias/politique. Le texte annonce un témoignage sur les rapports entre pouvoir médiatique et pouvoir politique, avec de nombreuses personnalités citées (PPDA, Anne Sinclair, Karl Zéro, etc.).

Institut Benjamenta

Film écrit et réalisé par Stephen et Timothy Quay, situé dans une école étrange où l’on apprend à devenir domestique. Le texte décrit un univers absurde et labyrinthique, où la logique « n’a pas lieu d’être », suivi à travers le nouvel élève Jakob Van Gunten.

J’veux du soleil !

Documentaire de François Ruffin et Gilles Perret présenté comme sobre et juste, évitant d’asséner des certitudes. Le texte indique qu’il déconstruit le discours dominant et s’appuie sur le symbole du « gilet jaune ».

La Cigale, le Corbeau et les Poulets

Comédie documentaire réalisée par Olivier Azam et l’équipe de Merci Patron !. Le texte raconte une histoire vraie au ton de farce, située dans un village de l’Hérault, en soulignant une résistance locale menée avec humour et persévérance.

Viramundo

Dans le cadre de l’expérience européenne The Tide Experiment, une sortie quasi simultanée en salles et en vidéo a été proposée dans dix territoires européens. Ce dispositif, présenté comme discret en apparence, constituait néanmoins une évolution significative dans le paysage cinématographique européen. Il a suscité des réactions de défenseurs de la chronologie des médias.

Viramundo, un voyage musical avec Gilberto Gil

Vidéo en Poche a choisi de participer à cette expérience non pas dans l’objectif de remettre en cause la chronologie des médias, mais afin d’affirmer le rôle central que peut continuer à jouer la salle de cinéma, quelle que soit l’organisation des sorties. L’initiative visait à proposer une alternative : permettre aux salles d’offrir également les films en vidéo, dans des conditions spécifiques.

Cette proposition reposait sur plusieurs principes : préserver le lien de confiance avec le public, exclure l’usage de dispositifs de restriction numérique (DRM), utiliser un format ouvert et pérenne (Matroska) garantissant une lecture simple et durable des œuvres, fixer un prix accessible (5 €) et assurer une rémunération équitable des ayants droit (73 % du prix hors taxes).

Conseils pour la lecture des films

Pour Vidéo en Poche, le choix s’est porté sur un format ouvert, sans DRM, afin de garantir une liberté d’usage dans la pratique culturelle tout en assurant un format durable adapté à l’archivage personnel d’œuvres.

Le format Matroska (.mkv) a été retenu car il répond à ces exigences : il permet l’intégration de plusieurs pistes audio et de sous-titres, il est largement utilisé et de plus en plus d’appareils multimédias de salon sont compatibles avec ce standard. Toutefois, l’écosystème des logiciels et des lecteurs multimédias demeure vaste et parfois complexe, ce qui peut rendre le choix d’une solution adaptée difficile. Il n’a pas été possible de tester l’ensemble des options disponibles, mais l’objectif est d’indiquer les solutions dont la compatibilité est avérée.

Concernant les logiciels, VLC media player est recommandé. Il s’agit d’un logiciel libre, gratuit et multiplateforme, capable de lire correctement les fichiers Vidéo en Poche. Il est compatible avec la majorité des ordinateurs et disponible également sur Android et iOS.

Conclusion

Vidéo en Poche a été présenté comme un dispositif de diffusion en salle : achat d’un film à 5 € et copie sur support amovible, dans un format ouvert (.mkv) et sans DRM, avec une répartition chiffrée entre ayants droit, TVA et salles.

Le site archivé indique une fin au 30 novembre (minuit) et un compteur final de 30 237 copies vendues, avec une dernière mise à jour datée du 2 décembre 2022.

Les listes de salles et d’éditeurs affichées sur la page d’accueil documentent l’existence d’un réseau d’exploitation et de partenaires de distribution, et la page met en avant un ensemble de titres (billets et rubrique « À retenir ») représentatifs du catalogue.

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