Personnes

Aurélie Mathigot

Artiste plasticienne, photographe et brodeuse, Aurélie Mathigot développe une pratique hybride où l’image devient matière. À partir de photographies imprimées sur toile, elle ajoute du relief, du temps et de la texture par la broderie (machine et main), le perlage ou le crochet, jusqu’à faire basculer certaines pièces vers l’objet, l’installation et l’« in situ ».

par Jade Guillot

Sommaire

Informations clés

Nom

Aurélie Mathigot

Profils

Plasticienne, photographe, brodeuse

Base

Vit et travaille à Paris

Représentation

Artiste représentée par Maison Parisienne depuis 2011

Démarche (résumé)

Photographies rebrodées / retouche « en volume » + sculptures textiles (crochet, corde, laine, coton…)

Distinction

Grand Prix de la Création (cat. Métiers d’Art, Ville de Paris), 2012

Collections / acquisitions

2021 : entrée au Musée des Arts Décoratifs de Paris ; 2022 : acquisition par la Manufacture des Gobelins (projet de tapisserie en cours)

Portfolio (axes)

PHOTOS BRODÉES / VOLUMES / IN SITU (site archivé)

Contact

mathigot.aurelie@free.fr

Réseaux

Instagram : @mathigotaurelietextualab (lien fourni)

Biographie

Formée en photo‑vidéo aux Beaux‑Arts d’Aix‑en‑Provence, Aurélie Mathigot poursuit un travail centré sur l’image, tout en cherchant à lui donner « une autre profondeur » par la texture et la matière. Ses clichés sont imprimés sur toile puis rebrodés à différents endroits : broderie machine et main, fils, perlage, crochet — une manière de « retoucher » l’image en volume, autant pour le sens que pour les sensations.

Cette appropriation du geste textile est aussi une position esthétique : la broderie autorise l’essai, l’erreur, le retour en arrière — « la possibilité de se tromper, de défaire et de refaire », sans abîmer le support. Le textile, chez elle, n’est donc pas seulement décoratif : il est un langage, une trame, un outil de transmission et parfois de participation.

Parallèlement à la photographie brodée (2D), elle développe des volumes : sculptures en corde, laine ou coton, souvent réalisées au crochet, auxquelles s’ajoutent des matériaux du quotidien (bois, cire, céramique). Son univers se construit autour d’une « illusion de la réalité » : recouvrir, déplacer l’apparence, inventer une sorte de réalité‑textile du monde.

Enfin, plusieurs jalons institutionnels structurent ce parcours : Grand Prix de la Création (2012), recherches menées dans différents contextes (Valenciennes, Genève, Rio, CNAP à Paris), entrée d’une œuvre au Musée des Arts Décoratifs de Paris (2021) et acquisition par la Manufacture des Gobelins (2022) pour une reproduction en tapisserie.

Photos Brodées

Sur son portfolio (version archivée), la catégorie Photos Brodées rassemble des œuvres où l’intervention textile agit comme une seconde lecture : elle fige un détail, accentue un mouvement, ou perturbe la continuité de l’image.

Photos Brodées

Comme des garçons-Wallets

Photo brodée défilé

Domestic-Papier peint

Photos Brodées

Voici quelques séries et ensembles particulièrement représentatifs :

  • Domestic papier peint — Paysage photographique traversé par une bande textile/brodée : l’image semble « recousue » ou réparée par la matière, comme un papier peint domestique qui devient surface sensible.
  • H.P. FRANCE KOBE — “Moment suspendu mais sans toi.” — Panorama flou, interrompu par une verticale textile : le fil se comporte comme une couture dans le paysage, une marque de suspension.
  • Landscape — Ensemble de pièces aux titres très narratifs (“Reviens vite”, “Pause, donne moi du silence”, etc.) où l’image et la texture se superposent : la broderie devient une zone de densité, un endroit où l’œil s’attarde.
  • White nothing — Broderie blanche sur textile blanc : un travail presque à la limite du lisible, où la phrase devient relief discret et où la lumière fait apparaître/effacer le texte.
  • Comme des garçons‑Wallets — Série autour d’objets de mode (portefeuilles) photographiés/présentés comme supports d’une surface textile : motifs imprimés et “peau” du produit dialoguent avec l’idée de texture et de couture.
  • Photo brodée défilé — Photographies de défilé réinterprétées par l’aiguille : la broderie souligne la chevelure, les lignes d’un vêtement ou un volume, comme si l’image était “ré‑habillée”.
  • Exposition Merci 2014 — “Dessin et broderie sur lin” — Série sur lin sombre où des broderies colorées (et parfois perlées) apparaissent comme des éclats, des annotations, des traces de gestes.
  • Exposition Galerie Chevalier 2014 — Détails de surface où le perlage et la broderie produisent une topographie tactile, transformant la photographie en quasi‑objet.
  • Série non titrée — Regroupement de pièces (“Witness”, “Shooting”, “Robots”…). On y retrouve la logique du fragment : images encadrées, interventions textiles (franges, coutures, zones rebrodées) et titres qui fonctionnent comme micro‑récits.

VOLUMES

La rubrique VOLUMES montre l’autre versant de sa démarche : le textile quitte l’image pour devenir structure, peau, enveloppe, parfois armature. Crochet, corde, laine, coton et matières du quotidien se combinent pour créer des objets ambigus, entre sculpture, accessoire et installation.

Wilder mann

Domestic vases

Sculpture en bois

Quelques ensembles :

  • Domestic vases — Vases en céramique blanche perforée, “recousus” par des fils colorés : la broderie devient réparation, suture, cartographie du volume.
  • Protect me — Formes allongées enveloppées de filets, mailles et ligatures : un vocabulaire de la protection (couvrir, bander, isoler) qui reste volontairement fragile, ajouré.
  • La foule (page “#”, p=194) — Installation/ensemble de figures textiles : silhouettes cousues, suspendues, multipliées, comme une foule légère et répétitive, entre enfance et inquiétante étrangeté.
  • Wilder mann — Pièces sculpturales jouant sur l’assemblage de matières (strates, perles, franges, peaux) : un imaginaire du costume, du rituel et du “sauvage” suggéré par le titre.
  • Sculptures argent — Petits objets/éléments en série, présentés comme un inventaire : fragments métalliques, formes moulées, variations d’une même famille de gestes.
  • Céramique Raku — Dialogues entre céramiques et textile : pièces suspendues, crochets/mailles, contrastes entre la dureté du raku et la souplesse du fil.
  • Piano en crochet et broderie bois — Objet recouvert au crochet (clavier/piano stylisé), associé à des interventions sur bois : la “peau” textile transforme un objet familier en sculpture.
  • Sculpture en bois — Assemblages suspendus de formes découpées, créant une présence volumétrique par accumulation et rythme.
  • Exposition Merci (mai 2013) — Installation où la répétition et la suspension (rubans/éléments pendus) créent une forêt intérieure de matières.
  • Exposition Galerie Chevalier 2012 — “Into the wild” — Ensemble d’objets textiles et d’accessoires suspendus (crochets, filets, paniers, formes circulaires), mis en scène comme un mur‑cabinet de curiosités.

IN SITU

La catégorie IN SITU (site archivé) regroupe des projets où le textile et l’objet dialoguent directement avec un lieu : nature, espace d’exposition ou contexte domestique.

Land Art

Bouteille

  • Land Art — “Projet lin” — Intervention en milieu naturel : grandes masses de fibres (lin) déposées au sol, comme une matière vivante qui recouvre et transforme temporairement le paysage.
  • Protect me — Présent aussi en “Volumes”, ce projet prend une dimension in situ dès qu’il est pensé comme geste de couverture/abri dans l’espace.
  • Tapis et Tapisserie (Galerie Chevalier) — Présentation de pièces textiles (tapis/tapisserie) où le motif géométrique et la ligne “cousue” structurent l’espace comme une architecture au sol.
  • bouteille — Objet du quotidien transformé par une gaine au crochet : la matière textile modifie la prise, la silhouette et la lecture du simple contenant.

En filigrane, l’in situ chez Mathigot touche souvent à une expérience du temps et du geste. Arterritoires souligne cette tension : l’artiste peut “tisser” des formes qui piègent le regard en forêt ou engager des œuvres participatives avec des collaborateurs de tous âges.

BIO

Aurélie Mathigot vit et travaille à Paris. Depuis 2011, elle est représentée par Maison Parisienne, galerie spécialisée dans les métiers d’art et la création contemporaine. Cette collaboration inscrit son travail dans un réseau d’expositions en France et à l’international.

Son parcours s’est construit à travers différentes présentations institutionnelles et projets de recherche, notamment au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes, à Genève, à Rio ainsi qu’au CNAP à Paris. Ces contextes ont accompagné l’évolution de sa pratique et sa visibilité dans le champ de l’art contemporain et des arts textiles.

En 2021, une de ses œuvres intègre les collections du Musée des Arts Décoratifs de Paris. En 2022, la Manufacture des Gobelins acquiert l’une de ses pièces en vue d’un projet de reproduction en tapisserie. Ces acquisitions marquent une reconnaissance institutionnelle de son travail dans le domaine du textile et de la création contemporaine.

Son parcours professionnel est également structuré par l’obtention du Grand Prix de la Création (catégorie Métiers d’Art) décerné par la Ville de Paris en 2012. Cette distinction confirme sa position à la croisée de l’art plastique et des savoir-faire textiles.

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